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Maltraitance humaine et animale : des liens avérés ?

Maltraitance humaine et animale : des liens avérés ?


Publié le 25/10/2019 à 10:43
Maltraitance animale

 

Les liens entre la maltraitance humaine et animale ont été démontrés par des études anglo-saxonnes. Les professionnels de santé en prennent conscience et l’approche de la maltraitance se fait de plus en plus dans le cadre d’un réseau multiprofessionnel*.

La maltraitance humaine et animale

La maltraitance est un phénomène qui concerne aussi bien les humains que les animaux.
La maltraitance de l’animal relève souvent de la négligence par méconnaissance de ses besoins.
Le profil des personnes qui maltraitent est bien connu grâce aux nombreuses études anglo-saxonnes sur le sujet. Elles ont notamment elles-mêmes pu être témoins impuissants de maltraitances sur leurs animaux (76 %), leur fratrie ou famille proche (87 %) ou ont pu maltraiter un animal enfant sans être punies. 

Corrélations entre les deux types de maltraitance

Les premières publications ayant mis en corrélation les deux types de maltraitance datent des années 80 aux Etats-Unis puis en Grande-Bretagne. Elles ont mis en évidence que « 88 % des familles aux prises avec de la violence physique sur enfants sont également confrontées à de la violence animale ». 

Dans deux tiers des cas, les violences perpétrées contre les animaux le sont par le père de famille et dans un tiers des cas, par les enfants.
Les violences subies par les chiens engendrent des morsures dans 21,1 % des cas. 
Si la maltraitance infantile est reconnue depuis les années 60, il aura fallu attendre 30 ans pour qu’émerge la notion de maltraitance animale.

Les deux relèvent des mêmes catégories : négligence/non respect des besoins physiologiques, abus physiques, maltraitance émotionnelle/psychologique, abus sexuel.
L’émergence de la médecine légale vétérinaire (forensic medicine) devrait faciliter le diagnostic de la maltraitance animale, tout comme la connaissance plus fine des besoins des animaux. 
Cependant, la maltraitance connaît une notion individuelle. Chaque individu a son propre point de rupture qui dépend de son espèce, sa race, sa lignée, ses expériences, sa personnalité...

Mieux comprendre les enfants qui maltraitent les animaux

La dernière étude en 2018 s’intéresse principalement aux relations entre actes criminels, désordres psychiatriques et maltraitances/cruautés faites aux animaux de compagnie. Depuis 1987, le DSM-III-R (répertoire américain des affections psychiatriques) a, le premier, inclus la maltraitance animale comme symptôme du trouble des conduites. Depuis, les cruautés physiques à l’égard des animaux font partie des agressions aux personnes et animaux.

Divers outils ont été conçus pour obtenir des informations lors des interrogatoires des criminels ou du recueil des témoignages des victimes. Actuellement, aucune hypothèse n’a pu être validée sur les raisons pour lesquelles les enfants développent des actes de cruauté vis-à-vis des animaux, mais c’est clairement un marqueur retrouvé dans les profils des personnalités anti-sociales (Mac Donald, 2017). Une des rares études européennes, réalisée en Suisse, sur des adolescents de 13 à 16 ans, a montré que ceux qui avaient reconnu avoir maltraité un animal (une fois sur deux en présence d’adultes) avaient commis trois fois plus d’actes de délinquance grave (Lucia et Killias, 2011).
Une étude (Gelhorn et al., 2007) sur un large échantillon « a montré que les personnes présentant des troubles des conduites ou des troubles de personnalité antisociale ont commis plus souvent que la population générale des actes de cruauté envers les animaux ».
Chez l’adulte, des recherches ont montré que sur de petits effectifs de délinquants, une personne ayant des antécédents de maltraitance des animaux avait un risque de conduites anti-sociales 4 fois plus élevé (Gleyzer, 2002).


Il importe aussi de ne pas faire d’interprétation hâtive car on risquerait de prendre pour de la maltraitance des symptômes cliniques d’une maladie. 
Déterminer ce qui est maltraitance ou non est un travail d’expertise qui relève du vétérinaire, qui doit lui-même travailler au sein d’un réseau multiprofessionnel tant les liens entre maltraitance animale et humaine sont étroits. 


*Source : colloque « Maltraitances humaines et animales : même combat ? » organisé, le 3 octobre, à Paris.

* Source : La Dépêche Vétérinaire